Lundi 17 Novembre :
Nous voilà fraîchement débarqués à Maré. La troisième et dernière des îles Loyautés.
La semaine dernière c'était le grand sud et sa fameuse terre rouge, australe.
D'abord le lac de Yaté dans le parc de la rivière bleue où on a fait une jolie rando en compagnie de Mr tom, un toulousain qui bosse sur Nouméa. Magnifique, évidemment. Le sud est quasiment
inhabité à cause du peu de richesse des sols, un brin arides, ce qui fait de cet endroit un lieu encore très sauvage. Les espaces sont immenses et les rivières sont d'un grande pureté. Les
crevettes grouillent dans l'eau et les cagous, très rares, nichent avec quiétude. Tout ce décor est enrobé de terre ocre. Mais le grand sud est aussi le lieux d'une des plus grosses exploitations
minières du territoire. C'est pour cela que des parcs naturels se créent, dans le but de sauvegarder se microcosme particulier.
Puis nous sommes partis avec Elsa sur la baie de Prony, en stop, passer trois
jours en exclusivité l'un avec l'autre. Ces trois jours ont sans nul doute été les plus paisibles depuis le début de notre séjour ici. Ça nous a laisser le temps de marcher un peu, de respirer.
Nous avons pas mal discuter de nous aussi, de nos motivations, de notre voyage, de nos capacités à nous adapter. Et ça m'a fait du bien, moi qui suis inattentif depuis déjà quelques mois. Je
redescend sur terre et je quitte un peu ma tête, c'est pas plus mal. Bref, nous étions heureux, là, à camper à deux pas de l'eau, à la fraîche.
Le village de Prony est étonnant. C'est en fait un ancien pénitencier fondé en 1867. Forçats puis plus tard exilés communards y ont fait des séjours, parfois torturés. Au sein du village vieillissent encore quelques ruines de murs de cellules, vestiges d'un passé marqué d'ombre et de douleur. C'est ensuite la SOCAMIFER qui a racheté le terrain pour pouvoir exploiter ses mines de fer. C'est aujourd'hui encore cette société d'extraction qui vend et loue des habitations aux gens du village qui restaurent et entretiennent les lieux. Seulement un couple vit ici en permanence. Le reste du village n'est habité que le week end en résidence secondaire, et malgré son apparence fantomatique, Prony est une merveille de couleurs, de paix, de nature. Les plages sont rouges et certaines ruines sont envahies par les racines de Banians géants.
Une vraie perle.
Quant à nos rencontres, elles ont été bien peu nombreuses. Faut il dire qu'on a croisés quasi personne? Si on a fait une rencontre en fait, qui nous a mis sur le cul. Un mécano de Hienghène qui travaillait à la mine de Goro Nickel. Cet homme a trouvé deux autostoppeurs sur son chemin et les a pris sous son aile, bien au chaud, d'un simple geste. Il les a emmené à destination à trois quart d'heure de route (30km). Il est venu leur rendre visite pour discuter et quand ils avaient fini de prendre du bon temps, il s'est proposé de venir les chercher pour les rammener chez eux. Dans une grande simplicité, avec le sourire aux lèvres et un grand plaisir.
"Ca sert à ça les amis, a-t-il dit."
- Voyez vous ça!
Merci à toi Marco.

histoire d'un descendant de Maoris néo-zélandais, un peu
truand, écorché au grand coeur, qui gagne sa vie en lavant illégalement des pare-brises des voitures aux carrefours. Un business qui lui rapporte gros. Un personnage excellent, un
réalisateur talentueux = un très bon film.
Dans un tout autre registre, un film extrêmement beau sur deux basques qui
parcours le monde pour partager leur musique avec différents peuples. Ils jouent de la txalaparta, instrument traditionnel basque. Un beau message d'universalité, d'échange. A voir.
Pour ce qui est de notre séjour, il s'est déroulé au mieux. Nous
étions logés chez des amis d'Elsa et Eddy dans une grande baraque au bord de l'eau. Autrement dit c'était le pied. Au programme, levé, p'tit dèj' et plongeon avec masque et tuba sur le platier
pour admirer ses habitants, soleil, chaleur et film en fin de journée. Les vacances débutent on ne peut mieux. Demain direction le grand sud et ses randos, le parc de la rivière bleu, la terre
rouge...
e nous visitons ont été autrefois la propriété du clan du vieux. A
cause des guerres contre l'armée française, les populations autochtones ont été contraintes de quitter les lieux pour aller s'installer de l'autre côté de la montagne, tribu actuelle de Wérou
Pimé, laissant derrière elles une partie de la famille. Une partie des terres a ensuite été récupérée après le départ du propriétaire blanc, qui a fait don des 25ha de terrain à un de ses
employés. De nouvelles tribus se sont alors créées dont celle du clan Hoveureux, une des lignées de la famille. Ces tribus ont une centaine d'années, peut-être pas.
On comprends donc que certain récits soient d'une grande solennelité. Lorsque le
vieux, pendant la pause déjeuner, nous raconte l'histoire de la migration des clans vers le sud, une véritable mise en scène s'est installée. Lui, seul au centre. Ses auditeurs tout
autour. Il a sur sa tête une couronne
de fougère que son petit fils lui a
fabriqué. Sa parole, racontant le passage des clans dans les villes du sud, emportant avec eux leur langue, le méa, qui donnera leur noms aux lieux traversés ( Môméa, Dumbéa, Nouméa...), et bien
cette parole est rythmée. Comme l'écoulement de l'eau de la rivière derrière nous. Tout est silence autour de cette voix qui file sans s'arrêter et trace le chemin. Et quand, en fin de parcours,
elle s'éteind, tout le monde pousse alors un cri de clôture: