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  • : La grande Terre
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Mercredi 26 novembre 2008


Lundi 17 Novembre :


Nous voilà fraîchement débarqués à Maré. La troisième et dernière des îles Loyautés.


La semaine dernière c'était le grand sud et sa fameuse terre rouge, australe. D'abord le lac de Yaté dans le parc de la rivière bleue où on a fait une jolie rando en compagnie de Mr tom, un toulousain qui bosse sur Nouméa. Magnifique, évidemment. Le sud est quasiment inhabité à cause du peu de richesse des sols, un brin arides, ce qui fait de cet endroit un lieu encore très sauvage. Les espaces sont immenses et les rivières sont d'un grande pureté. Les crevettes grouillent dans l'eau et les cagous, très rares, nichent avec quiétude. Tout ce décor est enrobé de terre ocre. Mais le grand sud est aussi le lieux d'une des plus grosses exploitations minières du territoire. C'est pour cela que des parcs naturels se créent, dans le but de sauvegarder se microcosme particulier.






Puis nous sommes partis avec Elsa sur la baie de Prony, en stop, passer trois jours en exclusivité l'un avec l'autre. Ces trois jours ont sans nul doute été les plus paisibles depuis le début de notre séjour ici. Ça nous a laisser le temps de marcher un peu, de respirer. Nous avons pas mal discuter de nous aussi, de nos motivations, de notre voyage, de nos capacités à nous adapter. Et ça m'a fait du bien, moi qui suis inattentif depuis déjà quelques mois. Je redescend sur terre et je quitte un peu ma tête, c'est pas plus mal. Bref, nous étions heureux, là, à camper à deux pas de l'eau, à la fraîche.


 

 

 

 

 

 

 

Le village de Prony est étonnant. C'est en fait un ancien pénitencier fondé en 1867. Forçats puis plus tard exilés communards y ont fait des séjours, parfois torturés. Au sein du village vieillissent encore quelques ruines de murs de cellules, vestiges d'un passé marqué d'ombre et de douleur. C'est ensuite la SOCAMIFER qui a racheté le terrain pour pouvoir exploiter ses mines de fer. C'est aujourd'hui encore cette société d'extraction qui vend et loue des habitations aux gens du village qui restaurent et entretiennent les lieux. Seulement un couple vit ici en permanence. Le reste du village n'est habité que le week end en résidence secondaire, et malgré son apparence fantomatique, Prony est une merveille de couleurs, de paix, de nature. Les plages sont rouges et certaines ruines sont envahies par les racines de Banians géants.

Une vraie perle.

 


Quant à nos rencontres, elles ont été bien peu nombreuses. Faut il dire qu'on a croisés quasi personne? Si on a fait une rencontre en fait, qui nous a mis sur le cul. Un mécano de Hienghène qui travaillait à la mine de Goro Nickel. Cet homme a trouvé deux autostoppeurs sur son chemin et les a pris sous son aile, bien au chaud, d'un simple geste. Il les a emmené à destination à trois quart d'heure de route (30km). Il est venu leur rendre visite pour discuter et quand ils avaient fini de prendre du bon temps, il s'est proposé de venir les chercher pour les rammener chez eux. Dans une grande simplicité, avec le sourire aux lèvres et un grand plaisir.

"Ca sert à ça les amis, a-t-il dit."

- Voyez vous ça!

Merci à toi Marco.

Par elsamat
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Mardi 25 novembre 2008


Dimanche 9 Novembre


Nous revoilà à Poindimié mais cette fois dans le cadre du festival documentaire Anûû-rû Âboro (l'ombre de l'homme en langue Païci). La thématique de la semaine est la suivante, montrer la particularité et la situation de groupes ethniques différents, en donnant aux images d'autres dimensions que celles qu'on nous diffuse à travers la mondialisation de l'audio visuel. Les films qu'on a choisi de visualiser s'appuient également sur les inégalités sociales, conséquences de la colonisation, à la fois dans le pacifique et le reste du monde. L'ombre de l'homme... Ou la trace laissée par l'homme sur lui même, la plus sombre et la plus insidieuse. Une marque indélébile qui le suit, le hante parfois. Une trentaine de films sont à l'affiche. Un projet riche en messages d'espoir et de résistance, des histoires singulières aussi, des histoires dures et émouvantes de minorités brisées qui tentent malgré tout de se battre pour sauvegarder leur culture, leur dignité et redonner un sens à leur existence. Maoris, kanaks, aborigènes, palestiniens ou sénégalais... On a pu s'instruire librement de ces histoires pendant quatre jours. La richesse de se festival tenait à la présence des réalisateurs et parfois même des acteurs des films sur les lieux de leur projection. Des débats ont ainsi pu être organisés à la fin de chaque toile.

Pour ma part, les sentiments provoqués n'ont pas toujours été faciles. La place du spectateurs blanc face aux témoignages d'oppression sur les peuples colonisés est celle du grand coupable. Évidemment. C'est tout de même fou de se sentir coupable d'événements aussi lointains, de comportements inhumains qu'on pu avoir " nos ancêtres français", ou européens, ou bien occidentaux. Mais notre histoire est telle qu'elle est et nous en payons aussi le prix. Malgré tout, le film documentaire devrait être éducatif, constructif et non inquisiteur (pour le cas du documentaire à valeur historique j'entends). Je n'ai pas envie de porter le poids d'actes barbares passés. Je dois  élever ma conscience des événements, et comprendre leurs incidences aujourd'hui. Ça, le documentaire dois pouvoir me le permettre. Mais même si je porte en moi l'histoire des miens et leurs expériences, je n'en suis pas pour autant responsable. C'est aussi ce à quoi je me suis confronté ici et qui me fais de la peine. Un racisme insidieux contre les blancs ou du moins, l'amalgame que font les kanaks entre les blancs et le système économique et social capitaliste. Ma culture n'est pas la même que celle des bureaucrates français ou des familles de bourgeois caldoches. Mais je sais aussi que leur histoire coloniale est récente et que traverser les extrêmes est parfois nécessaire dans toute lutte résistante, peut être pas. Malgré tout, je crois en une nouvelle génération de gens qui construit sa propre histoire. En kanaky, ce rêve à un nom : le destin commun.


" quand l'étau se resserre on redouble d'énergie, avec un genou à terre le combat se poursuit,

Toujours et toujours,

du moment que dans nos coeur il y a de l'amour,

Toujours et toujours."

                                                         (Massilia sound system)


Sur la totalité des 7 ou 8 films qu'on a pu voir, j'en retiendrais 3:


- squeegee bandit :

histoire d'un descendant de Maoris néo-zélandais, un peu truand, écorché au grand coeur,  qui gagne sa vie en lavant illégalement des pare-brises des voitures aux carrefours. Un business qui lui rapporte gros. Un personnage excellent, un réalisateur talentueux = un très bon film.


 

 




- Le chamane, son neveu et le capitaine :

tranche de vie dans une ethnie hallucinante, les palawans aux philippines. Dépaysement totale, sauvegarde de la tradition au fin fond des montagnes. Tout cela avec beaucoup d'humour.





-Nömadak tx :

Dans un tout autre registre, un film extrêmement beau sur deux basques qui parcours le monde pour partager leur musique avec différents peuples. Ils jouent de la txalaparta, instrument traditionnel basque. Un beau message d'universalité, d'échange. A voir.








Pour ce qui est de notre séjour, il s'est déroulé au mieux. Nous étions logés chez des amis d'Elsa et Eddy dans une grande baraque au bord de l'eau. Autrement dit c'était le pied. Au programme, levé, p'tit dèj' et plongeon avec masque et tuba sur le platier pour admirer ses habitants, soleil, chaleur et film en fin de journée. Les vacances débutent on ne peut mieux. Demain direction le grand sud et ses randos, le parc de la rivière bleu, la terre rouge...


Allez, tata bisous.

Par elsamat
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Mardi 25 novembre 2008

Mercredi 5 Novembre

 

Ca y est l'été est arrivé en Nouvelle-Calédonie.

J'ai fini mon stage aujourd'hui. Je viens de m'entretenir avec Emmanuel Tjibaou, mon tuteur de stage. Mon "non tuteur de stage" devrais-je dire. La période était pleine pour eux et je crois qu'il ne savaient pas quoi faire de moi. Pas non plus de grand intérêt porté à mon égard. j'ai dû prendre les devants, histoire de pas trop m'emmerder. Beaucoup de recherche, beaucoup de travail personnel, beaucoup de rien aussi. La collecte était géniale par contre mais deux jours sur 5 semaines, c'est une maigre compensation. Enfin.

J'aurais appris tout de même mais pas comme je l'avais envisagé. Pas de suivi, pas de conseils, pas de transmission de savoir mais de l débrouille et des bouquins.

Il faut que j'aille dire merci aux collecteurs, yamel, yvon et alexandre, qui ont su partager avec moi. Je laur en suis très reconnaissant. je repasserais plus tard dire au revoir, pour l'instant on file à Poindimié avec Elsa pour le festival documentaire.

Ca y est, c'est les vacances! on va pouvoir se balader, quitter la ville qui nous opresse un peu, se perdre et surtout prendre le temps.

 

Par elsamat
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Lundi 24 novembre 2008

Vendredi 31 Octobre

 

La littérature orale permet de comprendre comment une société interprète et organise le monde. Les enfants sont initiés aux us et coutumes, aux valeurs morales véhiculées par la société à travers cette forme d'expression. Elle a donc un caractère éducatif et initiatique. Cette littérature s'inscrit dans la mémoire collective et nécessite la transmission. Et qui dit transmission dit circuit de transmission et dépositaires (mythes). Ainsi les récits traditionnels sont autant de témoignages des kanaks sur eux même et sont transmis oralement avec les variations inhérentes à ce genre de littérature, à la fois dans le temps (réinterprétations suivant le contexte) et dans l'espace puisque les versions des mêmes mythes varient selon les aires coutumières et les langues.

On comprends donc pourquoi les vieux sont aussi touchés par le désintéret des jeunes à leurs propres histoires. C'est tout un pan de la culture qui est mis en danger puisque il n'existe pas d'écrits pour sauvegarder tout ces savoirs et ces savoirs-faire. Le problème réside dans la perte de l'identité kanak.

Il existe différentes formes de littérature orale : mythes, légendes, comptines, discours cérémoniels ou généalogiques, chants... Mais le mythe, et plus particulièrement le mythe d'origine, tient une place véritablement primordiale. C'est à travers lui que les kanaks content leur Histoire.

 

Selon Patrice Godin1, le mythe fonde l'ordre social et explique l'origine des choses: origines de répartitions des clans, plantes cultivées, explication des rites, justification de toponymes. Ils relatent également des faits historiques (guerres, rébellions, conflits) qui ont abouti au déplacement des clans. Le mythe énonce une vérité qui engage à la fois l'énonciateur mais aussi tout son clan, les vivants comme les morts. Ainsi certain mythe ne se divulgue pas à n'importe qui. Cette parole touche alors au groupe dans ce quil a de plus intime. Autant l'origine du groupe que l'origine des plante ou la toponymie. Des choses qui participent de son identité.

Le mythe subit dons des variations suivant son degrés de révélation.

Contrairement à la vision européenne, mythe et Histoire sont intimement liés en kanaky. Le discours flotte toujours entre rêve et réalité mais il justifie la vie sociale kanak et continue de nourrir la pensée.

Le mythe est donc une identité sociale spécifique. Le narrateur engage toujours la vision de son propre clan et non celle de l'ensemble de la société.

                                   

 " Le temps de l'origine dans le mythe n'est que rarement le temps des premiers balbutiements de l'univers. Il est le temps de l'alliance qui donne sens à l'existence du clan [...].  L'histoire mythique reste à l'échelle de l'homme et des rapports qu'il entretient avec les autres et avec le monde qui l'entoure."2

 

Voici l'exemple d'une version du mythe fondateur de Téâ Kanaké, premier homme kanak à l'origine de la société3:

 

- l'origine des êtres:

A l'aube du monde, la lune dépose sa dent sur un rocher qui émerge de l'océan. Sous l'effet de ses rayons, la dent se décompose. Apparaissent alors les premiers êtres vivants. Ceux qui restent sur le rocher se transforment en lézards, ceux qui glissent dans l'eau deviennent anguilles et serpents. De ces êtres primordiaux naît Téâ Kanaké.

( Dans une autre version la lune jette à l'eau un gâteau d'igname enveloppé dans des feuilles de tarot, d'où naîtrons les premiers êtres.)

 

- La terre nourricière:

Né ignorant de tout, il demande aux esprits de lui transmettre ce qu'il doit savoir pour vivre sur terre:

les magies des pierres et des herbes, le travail des champs, la connaissance des plantes. Alors il cultive l'igname et fait pousser le taro. Il plante le coleus qui depuis ce temps protège tous les jardins.

( La poule sultane est le symbole de l'abondance des cultures, le rat est son contraire qui les saccage)

 

- La terre des ancêtres:

Les esprits lui apprennent la vie en société, Téâ kanaké échange les premières ignames et construit la grande case ronde des origines. Il plante le pin colonnaire qui délimite les lieux sacrés et tabous puis, Téâ proclame la première parole.

( La parole du chef est "la bouche du notou", symbole des origines. La parole des clans est "la bouche du coquillage", la conque qui sert d'appel pour réunir le clan. Notou et conque font la paire, l'un est la forêt et l'autre la mer.)

 

- Le pays des esprits:

Afin de tout savoir de la vie des hommes, Téâ Kanaké décide de connaître la mort. Il entre dans le banian qui est le corps des esprits. En suivant ses racines qui pénètrent aux pays souterrains, il traverse le pays des mort et, en ce ventre maternel, il se transforme.

(lézard et hibou sont messager de la mort, on les trouve dans les cimetières. leur contraire est l'anguille symbole de naissance.)

 

- La renaissance:

Comme les rejets qui renaissent d'un  tronc coupé, Téâ Kanaké, porteur de la continuité de la parole, traverse la roche percée, symbole de la renaissance. Il souffle la Parole dans la feuille du bois de fer, où elle chantera toujours. Grâce à cette parole s'ouvre une ère nouvelle.

( le tricot rayé est l'image du défunt qui veut rejoindre le monde des vivants. Il sort de la mer et laisse sa peau sur la plage en reprenant apparence humaine.)

 

 

 

1 Patrice Godin, des mythes d'origine kanak in Chroniques du pays kanak, tome 3

2ib id.

3 Emmanuel KASHAREROU et Bealo WEDOYE, Guide des plantes du chemin kanak

Par elsamat
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Jeudi 30 octobre 2008

Mercredi 29 Octobre

Nous revoilà sur le terrain.Cette fois ci, nous sommes sur les lieux dont la collecte de vendredi dernier recueillait les histoires. Quelque part à l'est de Moindou. Même acteurs, même scénario.
Les terres qu e nous visitons ont été autrefois la propriété du clan du vieux. A cause des guerres contre l'armée française, les populations autochtones ont été contraintes de quitter les lieux pour aller s'installer de l'autre côté de la montagne, tribu actuelle de Wérou Pimé, laissant derrière elles une partie de la famille. Une partie des terres a ensuite été récupérée après le départ du propriétaire blanc, qui a fait don des 25ha de terrain à un de ses employés. De nouvelles tribus se sont alors créées dont celle du clan Hoveureux, une des lignées de la famille. Ces tribus ont une centaine d'années, peut-être pas.
Au fil de notre parcours le vieux parle et parle encore avec une émotion toute particulière. Celle évoquée par son retour sur ces terres perdues, tel un patriarche déchu.
On remonte le chemin de la migration de son clan, le fameux cailloux-péage, le creek où on se repose après la poursuite. Tout est là. Sur la gauche, un terrain de foot en friche marque l'emplacement de l'ancienne tribu. Terrain vague, souvenir flou que les herbes et les chevaux sauvage ont envahis.
                 
" Mon grand-père avait 124ans, nous dit-il. Il était tellement vieux qu'il devait ramper pour se déplacer. On ne voyait plus que ses os, son visage n'était que des trous, ses joues creusées, ses yeux enfoncés dans son crâne. Il nous a dit de partir..."

Le récit oscille entre histoire et légende, entre réalité et mythe. C'est une véritable épopée que nous conte le narrateur, avec l'émotion qu'il faut. Mais la véracité de ses propos n'a pas besoin d'être prouvée. Voilà la particularité de cette littérature orale kanak. Elle vit de son interprétation mythique, par le ton qu'elle donne à ses histoires, comme un style d'écriture. L'ambiguïté des faits rapportés sert juste à élever le récit, et à faire passer les anciens dans la légende, comme des êtres surnaturels. "Nos vieux " sont alors acteurs de l'histoire, fondateurs de la société et de son organisation actuelle. Par le mélange entre mythe et histoire , le conteur nous embarque et marque nos esprits, il met a contribution nos émotions et les siennes pour que la parole laisse une trace.
Contrairement à la vision européenne, nous explique Partice Godin, ici le mythe et l'histoire sont intimement liés. Par ses récits sur l'origine de la création du monde (cosmogonie), des migrations de clan, sur la justification des toponymes, sur le déroulement des faits historiques (guerres, rebellions, conflits...), le mythe justifie la vie sociale kanak. Il sert de repère pour l'organisation de la société et sur les valeurs et comportements à acquérir.
Le mythe est spécifique à l'histoire du clan. Ce qui explique que les collecteurs arrive à recueillir plusieurs versions différentes d'une même histoire et cela sur une même aire coutumière. En fait, plus l'histoire possède de variantes, plus on peut souligner son ancienneté et son importance. C'est aussi pourquoi, lorsque je demande aux collecteurs si ils tentent de recouper les histoires pour en obtenir une version complète, il me répond que ça n'est pas utile. Il convient de sauvegarder la diversité des histoires et par là même, la spécificité de chaque clan.

On comprends donc que certain récits soient d'une grande solennelité. Lorsque le vieux, pendant la pause déjeuner, nous raconte l'histoire de la migration des clans vers le sud, une véritable mise en scène s'est installée. Lui, seul au centre. Ses auditeurs tout autour. Il a sur sa tête une couronne de fougère que son petit fils lui a fabriqué. Sa parole, racontant le passage des clans dans les villes du sud, emportant avec eux leur langue, le méa, qui donnera leur noms aux lieux traversés ( Môméa, Dumbéa, Nouméa...), et bien cette parole est rythmée. Comme l'écoulement de l'eau de la rivière derrière nous. Tout est silence autour de cette voix qui file sans s'arrêter et trace le chemin. Et quand, en fin de parcours, elle s'éteind, tout le monde pousse alors un cri de clôture:
" - HOÏ ! "
La tardition orale, sous forme de récit mythique comme on l'a vu ici (virrewo), est lié à l'acte rituel. Comme une sorte d'acte liturgique, la parole utilise une gestuelle codifiée. Variations de volume, de débits, de monotonie ou dramatisation du récit. Tous ces éléments permettent de sacraliser la parole et de lui donnée une forte portée dans l'acte de transmission.

Je pars dans mes délires d'apprenti anthropologue.
Il n'y a pas encore de tournée prévue pour la semaine prochaine.
J'entre dans ma dernière semaine de stage au centre avant le départ en vacance, j'espère que je pourrais y aller encore une fois au moins.

Par elsamat
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