Anûû-rû âboro

Publié le par elsamat


Dimanche 9 Novembre


Nous revoilà à Poindimié mais cette fois dans le cadre du festival documentaire Anûû-rû Âboro (l'ombre de l'homme en langue Païci). La thématique de la semaine est la suivante, montrer la particularité et la situation de groupes ethniques différents, en donnant aux images d'autres dimensions que celles qu'on nous diffuse à travers la mondialisation de l'audio visuel. Les films qu'on a choisi de visualiser s'appuient également sur les inégalités sociales, conséquences de la colonisation, à la fois dans le pacifique et le reste du monde. L'ombre de l'homme... Ou la trace laissée par l'homme sur lui même, la plus sombre et la plus insidieuse. Une marque indélébile qui le suit, le hante parfois. Une trentaine de films sont à l'affiche. Un projet riche en messages d'espoir et de résistance, des histoires singulières aussi, des histoires dures et émouvantes de minorités brisées qui tentent malgré tout de se battre pour sauvegarder leur culture, leur dignité et redonner un sens à leur existence. Maoris, kanaks, aborigènes, palestiniens ou sénégalais... On a pu s'instruire librement de ces histoires pendant quatre jours. La richesse de se festival tenait à la présence des réalisateurs et parfois même des acteurs des films sur les lieux de leur projection. Des débats ont ainsi pu être organisés à la fin de chaque toile.

Pour ma part, les sentiments provoqués n'ont pas toujours été faciles. La place du spectateurs blanc face aux témoignages d'oppression sur les peuples colonisés est celle du grand coupable. Évidemment. C'est tout de même fou de se sentir coupable d'événements aussi lointains, de comportements inhumains qu'on pu avoir " nos ancêtres français", ou européens, ou bien occidentaux. Mais notre histoire est telle qu'elle est et nous en payons aussi le prix. Malgré tout, le film documentaire devrait être éducatif, constructif et non inquisiteur (pour le cas du documentaire à valeur historique j'entends). Je n'ai pas envie de porter le poids d'actes barbares passés. Je dois  élever ma conscience des événements, et comprendre leurs incidences aujourd'hui. Ça, le documentaire dois pouvoir me le permettre. Mais même si je porte en moi l'histoire des miens et leurs expériences, je n'en suis pas pour autant responsable. C'est aussi ce à quoi je me suis confronté ici et qui me fais de la peine. Un racisme insidieux contre les blancs ou du moins, l'amalgame que font les kanaks entre les blancs et le système économique et social capitaliste. Ma culture n'est pas la même que celle des bureaucrates français ou des familles de bourgeois caldoches. Mais je sais aussi que leur histoire coloniale est récente et que traverser les extrêmes est parfois nécessaire dans toute lutte résistante, peut être pas. Malgré tout, je crois en une nouvelle génération de gens qui construit sa propre histoire. En kanaky, ce rêve à un nom : le destin commun.


" quand l'étau se resserre on redouble d'énergie, avec un genou à terre le combat se poursuit,

Toujours et toujours,

du moment que dans nos coeur il y a de l'amour,

Toujours et toujours."

                                                         (Massilia sound system)


Sur la totalité des 7 ou 8 films qu'on a pu voir, j'en retiendrais 3:


- squeegee bandit :

histoire d'un descendant de Maoris néo-zélandais, un peu truand, écorché au grand coeur,  qui gagne sa vie en lavant illégalement des pare-brises des voitures aux carrefours. Un business qui lui rapporte gros. Un personnage excellent, un réalisateur talentueux = un très bon film.


 

 




- Le chamane, son neveu et le capitaine :

tranche de vie dans une ethnie hallucinante, les palawans aux philippines. Dépaysement totale, sauvegarde de la tradition au fin fond des montagnes. Tout cela avec beaucoup d'humour.





-Nömadak tx :

Dans un tout autre registre, un film extrêmement beau sur deux basques qui parcours le monde pour partager leur musique avec différents peuples. Ils jouent de la txalaparta, instrument traditionnel basque. Un beau message d'universalité, d'échange. A voir.








Pour ce qui est de notre séjour, il s'est déroulé au mieux. Nous étions logés chez des amis d'Elsa et Eddy dans une grande baraque au bord de l'eau. Autrement dit c'était le pied. Au programme, levé, p'tit dèj' et plongeon avec masque et tuba sur le platier pour admirer ses habitants, soleil, chaleur et film en fin de journée. Les vacances débutent on ne peut mieux. Demain direction le grand sud et ses randos, le parc de la rivière bleu, la terre rouge...


Allez, tata bisous.

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